Après avoir passé une bonne nuit de sommeil comme je n’en avais plus l’habitude, je fais un petit tour en ville, et comme souvent en Inde, je côtoie toujours et encore la misère, le désordre et les détritus… Hé oui, même à Agra, capitale antique, ville sacré et ultra-touristique, on n’échappe pas au dénuement et au paupérisme de la population. Et j’utilise mon appareil photo afin de prendre mes lecteurs à témoin.

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rue du centre-ville d'Agra

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jeunes écoliers rencontrés de bon matin

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Jeune indien se lavant à partir d'eau collectée dans un seau

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Indien ferrant son cheval

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Les animaux se nourrissent comme ils peuvent ici...

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Petit boui-boui de centre-ville où j'ai pris un thé

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famille indienne à l'heure du thé

Je crois que de mon côté, je commence à m’habituer aux mœurs locales, ou tout du moins à la misère affichée des gens, je suis de moins en moins choqué par ce que je vois en tout cas. C’est triste à dire, mais je crois qu’on finit par s’habituer à tout, même au pire. Et je sillonne donc la ville ainsi, imperturbable, afin de trouver un établissement où prendre un petit déjeuner (thé & sucreries).

L’après-midi, je me décide à visiter une autre des grandes merveilles d’Agra et de l’Inde, le fort rouge qui est aussi la plus grande forteresse de tout le pays.

Cette citadelle fut construite en 1558, après qu'Akbar, considéré comme le plus grand empereur moghol, (auteur de nombreuses conquêtes territoriales dans l’Inde, mais aussi accessoirement, époux de plusieurs dizaines de femmes) a décidé de faire d’Agra sa capitale. La construction s'étend alors sur huit années pour s'achever en 1573. À partir de là, le fort n'est plus seulement une place militaire, mais aussi un lieu de résidence. La plus grande partie du fort a été construite à cette époque mais s'est poursuivi sous le règne de ses successeurs.

Le Fort rouge d'Agra devient ainsi une puissante citadelle enserrant dans son enceinte de 2,5 km de périmètre, la ville impériale, avec un grand nombre de palais, comme le palais de Jahangir ou le Khas Mahal, bâti par Shah Jahan, et également deux très belles mosquées. 

Le fort d'Agra est alors l'un des symboles les plus évidents de la puissance moghole. Ironiquement, le Shah Jahan fut d’ailleurs en captivité pendant les huit dernières années de sa vie dans sa propre forteresse, après que son fils l’ait renversé. La forteresse fut donc finalement sa prison dorée après avoir été longtemps le siège de son pouvoir sans partage sur le pays. Et, petit clin d'oeil de l'histoire, du haut de son donjon, le shah disposait alors d'une vue splendide du Taj Mahal, une des constructions responsables de son éviction (dûe à son coût financier notamment).

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Vue du Taj Mahal depuis le fort rouge

A quelques hectomètres du monument, et depuis le rickshaw que j’ai emprunté pour le trajet, je peux déjà observer les longues murailles de grès rouge pourpre qui serpentent à l’horizon. Ces hauts et longs murs épais  s'élèvent au-dessus d'un long fossé permettant de protéger la ville impériale, et de dominer la ville d'Agra. Le fort, sous tous ses aspects, et à l’image du Taj Mahal, est grandiose ! A l’intérieur, la ville impériale contient de nombreux édifices, eux aussi éblouissants et construits d’un marbre éclatant, avec notamment de magnifiques décors gravés témoignant de la richesse de cette civilisation moghole, alors à son apogée, mais malheureusement aujourd’hui disparue.

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Je ne peux alors être qu’impressionné par la qualité de l’architecture indo-musulmane d’influence perse, et je m’imagine alors un peu dans un des contes des mille et une nuits, et je suis alors forcément submergé par certains souvenirs de ma jeunesse comme les dessins animés d’Ali Baba & les 40 voleurs ou encore par le film ‘Aladdin’ de Walt Disney ! Les décors sont en effet fantastiques, et je suis heureux de pouvoir explorer le cœur de cette civilisation si riche et puissante et dont l’héritage est si précieux...

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la ville impériale à l'intérieur des murs est d'architecture plus marbrée, arborant plus de motifs

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Jardin d'extérieur où je retrouve beaucoup de jeunes écoliers et écolières, ils ne se mélangent pas puisque les établissement ne sont pas mixtes

Une fois la visite terminée, je rentre à l’hôtel, prépare mes affaires, appelle un tuk-tuk pour me rendre à la gare routière et prends le bus de nuit en direction de Jaipur.

J’arrive ensuite à Jaipur en soirée, quelques heures plus tard, je réserve alors un nouveau bus pour Bundi pour le lendemain soir, j’y croise par hasard une française qui travaille ici depuis un an. Nous discutons ensemble quelques instants dans la file d’attente, et elle m’explique alors qu’elle est, elle aussi ingénieure, mais dans le traitement de l’eau, ce qui ne lui a pas laissé d’autre choix que de travailler en Inde car il n’y a pas de postes à pourvoir en France dans son domaine de compétence, ou tout du moins pas avec son niveau d’expérience. Elle a ainsi fait le choix de s’expatrier pour acquérir de l’expérience dans une spécialité qui lui plaît, plutôt que de changer de département, ou d’enchaîner les stages et de rester en France. Un choix que doivent faire beaucoup de nos compatriotes de nos jours, malheureusement.

Elle s’est ainsi habituée à la vie locale et gagne un très bon salaire pour l’Inde, mais un salaire tout juste correct pour un français avec un tel niveau d’étude. La différence étant, qu’avec le niveau de vie sur place, elle peut quasiment économiser l’intégralité de son salaire mensuel.

Une fois mon ticket en poche, je ne m’éternise pas dans la conversation, et je me rends à l’auberge recommandé par mon guide. Je suis fatigué et je suis content de dormir à nouveau dans un établissement de qualité à un prix très abordable. D’ailleurs il y a même internet, ce qui, en Inde est un vrai luxe !