Je me lève très tôt ce vendredi car je dois prendre la navette pour la frontière thaïlandaise dès cinq heures du matin. Nous sommes alors nombreux à attendre à l’accueil de l’hôtel pour le transfert. Le réveil est un peu difficile, mais heureusement, j’arrive à m’immiscer en compagnie d’autres touristes dans un tuk-tuk parmi ceux qui se relaient pour emmener les voyageurs de l’auberge dans les temps au lieu de rdv. Tout cela pour pas grand-chose au final, car le responsable du transport vers la frontière a plus d’une heure de retard… Finalement, nous ne quitterons donc Siem Reap que juste avant le lever du jour vers six heures du matin. A cet instant, je suis toujours à moitié endormi et donc une fois assis sur la banquette du bus, je m'endors très vite, ne me réveillant complètement qu’en milieu de matinée à la frontière. Nous devons alors sortir du bus pour valider notre entrée en territoire thaïlandais en présentant notre passeport. Ce passage durera aussi plus d’une heure car la foule de touristes et autochtones désirant se rendre en Thaïlande est nombreuse.

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Frontière matérialisée par ce portique, de là où je prends la photo, je suis en Thaïlande, et derrière moi c'est le Cambodge

De l’autre côté en Thaïlande, nous retrouvons avec plaisir nos bagages dans la voiture qui nous a suivi à distance. Puis, un peu affamés, nous nous arrêtons dans un restaurant pour déjeuner. Je rencontre alors un australien et un français à table, et nous échangeons à propos de nos aventures respectives. L’australien, Jason, nous explique par exemple qu’il voyage seul en Asie du Sud-Est pour quelques mois uniquement. Le français, un quinquagénaire, lui, est un habitué des voyages en ex-Indochine. Il nous explique qu'il vient souvent ici pour revoir ses amis vietnamiens et cambodgiens qu'il a rencontrés lors de ses premiers voyages. D’autre part, son anglais étant médiocre, il nous dit aussi que le fait qu’il puisse s’exprimer en français avec la vieille génération indochinoise éduquée est un élément très important pour lui, ce qui explique en partie que malgré son attirance pour les autres régions du monde, il ne les a encore pratiquement pas explorées. Un choix que je peux comprendre, car dans le cas d’un voyage non-organisé, il est en effet très difficile de profiter à 100% de l’aventure sans maîtriser un minimum l’anglais, véritable passe-partout dans au moins la moitié des pays touristiques.

 Bref, nous conversons ainsi tous les trois lors du repas, puis dans le bus en direction de Bangkok. Ce qui est idéal pour passer le temps, car le transport prendra finalement plus de temps que prévu à cause des embouteillages impressionnants à l’entrée de la ville. Nous n’arrivons ainsi qu’en début de soirée à Bangkok, bien plus tard que ce qui avait été planifié. Par conséquent, devant alors chercher une auberge disponible (ce qui prend du temps), je ne pourrais donc pas entreprendre de visite aujourd’hui, à ma grande déception.

 

 

Du coup, en meilleure forme le lendemain, je ne me lève pas trop tard et je pars explorer la ville, surtout que je n’avais pas vu grand-chose lors de mon premier passage ! Je quitte donc très vite Khao San road et sa flopée de touristes pour m’engouffrer dans une grande avenue, je passe alors devant le monument de la démocratie.

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Monument de la démocratie

Petite histoire intéressante sur ce monument : Construit en 1939 pour célébrer le coup d'état militaire de 1932 (un putsch sans sang versé), il matérialise le changement de régime de l'époque (le passage d’une monarchie absolue à une monarchie constitutionnelle). Ironiquement, au moment de la construction de ce monument, la Thaïlande était sous le joug d’une dictature militaire, ce qui est une antithèse de la démocratie… Heureusement, aujourd’hui, la Thaïlande ressemble beaucoup plus à une démocratie, même si c’est encore une monarchie. Mais, ce monument est en tout cas resté l'un des symboles de la ville.

C'est alors qu'au moment où je marche tranquillement en direction d'un autre monument, un thaïlandais m’interpelle et me propose de faire le tour de la ville en une journée de tuk-tuk pour 40 Bahts soit 1 euro, il m’explique à ce propos que ces tarifs ne sont valables qu’aujourd’hui car c’est une date très spéciale en Thaïlande... Le type paraît vraiment sympathique et honnête, mais je me dis alors que cela semble trop beau pour ne pas être un piège, surtout qu'il semble trop insistant pour vouloir vraiment m'aider. Du coup, je refuse alors poliment sa proposition, surtout que j’avais lu sur mon guide que certains dispositifs de ce genre étaient fréquemment utilisés contre les touristes pour leur vider les poches !

La tactique est simple, un rabatteur se fait passer pour un quidam dans la rue, il est souvent gentil, et souriant de manière à tromper la vigilance, puis il emmène le(s) touriste(s) vers le chauffeur de tuk-tuk, son complice. Il explique alors au(x) touriste(s) que les tarifs sont très bas, le(s) touriste(s) alors en confiance et trop heureux d’économiser quelques bahts, remercient le rabatteur d’avoir négocié pour eux et partent en compagnie du chauffeur. Seulement après cela, le chauffeur ne les emmène pas du tout dans les lieux touristiques mais dans les arnaques à touristes... Et si le piège ne fonctionne pas, il fait payer l’essence au(x) touriste(s)… Et donc, dans le meilleur des cas, si le(s) touristes ne se laisse(nt) pas faire, il(s) se retrouve(nt) au mieux coincé(s) dans un coin perdu de la ville, abandonné(s) par le tuk-tuk qui partira alors à la recherche de nouvelles victimes !

Ce sont des grands classiques des petites arnaques à éviter car elles sont connues et répandues. Cela dit, lorsqu’on y réfléchit bien, un tuk tuk pour faire le tour de la ville à 20-40 bahts seulement, c’est bien trop louche pour être une bonne affaire... Mais, il est vrai que les touristes fraîchement arrivés à Bangkok sont parfois des cibles bien naïves.

En général à Bangkok, si on vous aborde, c'est donc souvent dans un but lucratif. Je l’ai d’ailleurs vite compris, car après avoir refusé son offre, le thaïlandais a soudainement changé radicalement de comportement et a commencé à m’insulter en disant qu’il fallait vraiment être idiot pour refuser sa proposition. Je lui ai fait comprendre que je l’emm….. et que ce n’est pas parce que sa technique ne fonctionne pas sur moi que ça lui donne le droit d’être vulgaire.

Plus étonnant encore, quelques minutes plus tard, à proximité du Wat Pho, un des plus anciens temples de Bangkok, un local vient à nouveau à ma rencontre et me fait de nouveau son numéro pour que je monte à bord d’un tuk-tuk… Incroyable, ils sont partout ! D’ailleurs, je vais de surprise en surprise, car dans la même journée, deux nouveaux thaïlandais essayeront de me convaincre, soit quatre fois au total, incroyable ! On parle souvent de la gentillesse des thaïlandais, mais à Bangkok, les touristes sont des dollars sur pattes, ni plus ni moins ! Et c'est dommage, car ces sales types, par leur attitude, donnent vraiment une mauvaise réputation aux thaïlandais qui peuvent pourtant être parfois très gentils et avenants, surtout en dehors des villes. Cela peut d'ailleurs aussi nous faire penser à l'image déplorable que l'on donne souvent aux français après avoir rencontré des parisisiens en France... Mais le cliché est différent !

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Portique du Wat Suthat, l’un des six temples royaux de Thaïlande

Je continue alors ma route jusqu'au portique du Wat Suthat, mais je ne pénétre pas dans le temple à côté préférant en visiter d'autres. A savoir tout de même, ce portique fut construit à l'origine pour proposer un jeu qui consistait à attraper des pièces d'or fixées sur un poteau devant le portique. Pour y parvenir, il fallait faire se balancer une nacelle (fixée à l'époque sur le portique) tellement haut, qu'il y eut beaucoup de morts. Et finalement, à cause de sa dangerosité, le jeu fut arrêté !

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Sur le chemin, un commerce de sculptures et de statues en cire

Bref, je commence donc véritablement ma journée de visite avec le temple de Wat Pho, et son bouddha couché magnifique. Le complexe est d’ailleurs d’une grande superficie, d’autant plus qu’il a été restauré et est maintenant constitué d’autres petites pagodes et stupas.

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Deux Dvârapâlas, ce sont les divinités gardiennes des portes des temples et monastères

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Quelques beaux stupas jalonnent le parcours

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Bouddhas de différente taille en stuc doré

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Le fameux bouddha couché, ses dimensions sont impressionnantes

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Un autre bouddha de Wat Pho, celui-ci n'est pas couché mais en position classique

Après cela, je passe devant le temple de Wat Arun, ou temple de l’aube, de l’autre côté du fleuve Chao Phraya, je n’irai pas le visiter mais je prends quelques photos depuis l’autre rive.

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Fleuve Chao Phraya avec Wat Arun en arrière-plan

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Place Rama Ier avec Wat Ratchaburana et un stupa en arrière-plan derrière la fontaine

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Wat Ratchaburana

 Ensuite, je passe par le quartier chinois, très dense et fourmillant avant d’arriver au Wat Traimit, un des temples les plus légendaires de Bangkok puisqu’il abrite la statue en or la plus importante au monde !

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China Town à Bangkok

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Wat Traimit

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Temple en contrebas de Wat Traimit

Son histoire est tout aussi intéressante d’ailleurs, jugez-en par vous-même : En 1955, il fut décidé de transférer une statue de bouddha en stuc doré, ancienne relique d’un temple ancien, au Wat Traimit, une pagode alors sans importance. Lors du déplacement, une défaillance de la grue fit tomber la statue dans la boue. Ce mauvais présage effraya tout le monde et après la fuite générale, un moine revint et remarqua alors que le stuc détrempé s'était fendu et laissait apparaître un métal brillant, de l’or ! Cette nouvelle fit très vite le tour de la ville, assurant au temple une renommée, une richesse et une fréquentation sans pareille ! La statue en or mesurant 3 m, et pesant 5.5 tonnes, est à ce jour la plus grande et massive statue en or au monde ! On suppose aujourd’hui que la statue, provenant d'Ayutthaya, avait été dissimulée sous une couche de plâtre pour la soustraire à la convoitise des Birmans qui avaient assiégé la ville. Plus tard, le souvenir du stratagème s'était perdu et était resté dans l'oubli pendant presque 200 ans…

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Le bouddha en or, d'une valeur... inestimable !

Après cette petite visite, je me rends à la gare où j’achète un billet pour Kho Phan Gan, ma prochaine destination. Mon billet est alors constitué d’un ticket de train dont le départ est prévu demain soir, en direction de Surat-Thani au Sud-Est du pays, puis d’un ticket de bus pour rallier le port un peu plus loin, et enfin d’une place dans un bateau embarquant pour Koh Phan Gan. A savoir qu’il est également possible de se rendre à Ko Samui, ou Ko Tao pour ceux qui préfèrent les îles plus sauvages.

 Une fois mon billet en poche, je peux donc explorer plus sereinement les autres quartiers de Bangkok et notamment le centre-ville dont le MBK center (grand complexe commercial) fait partie.

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Jeunes thaïlandais qui s'habillent façon manga (japonais)

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Centre commercial MBK, rempli de monde

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Puis, je visite encore un nouveau temple, le Wat Benchama Bophit, un édifice bouddhique de construction plus récente. Egalement appelé temple de marbre, ce complexe comporte aussi de magnifiques jardins et un cloître dont les galeries abritent une collection de 53 remarquables statues de Bouddha de Thaïlande qui illustrent les différents styles et attitudes.

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Wat Benchama Bophit

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Quelques moines bouddhistes pendant la prière

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Le jardin du temple Wat Benchama Bophit

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Par la suite, je vais un peu plus au Nord de la ville et me rend au palais Dusit, une construction de style européen qui fait aujourd’hui office d’assemblée nationale. Ce palais, situé au fond d’une grande place, fut aussi l’ancienne résidence du roi Rama V au début du siècle précédent, son architecture de style classique atteste de l’influence occidentale sur la Thaïlande ces derniers siècles. En effet, car au XIXe et au début du XXe siècle, nombreux étaient les indigènes qui associaient la modernité au style occidental, et donc certains allaient jusqu’à copier notre architecture et nos mœurs pensant ainsi se moderniser plus vite. C’est amusant car aujourd’hui, l’effet inverse se produit puisque beaucoup de peuples préfèrent revenir aux sources de leur civilisation et s’éloigner du modèle occidental.

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Assemblée nationale, ancienne résidence royale du nom de Vimanmek

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Un des nombreux portraits de Rama IX, le roi actuel, sur la place Dusit

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Et encore un tableau très proéminent du monarque, un peu plus loin...

En rentrant, j’observe à l’horizon au Nord-Est de la ville, le monument de la victoire, un monument parmi les plus imposants de Bangkok, car il fut érigé en 1941 pour célébrer la victoire thaïlandaise sur la France en Indochine, lors de la bataille franco-thaïlandaise qui a eu lieu entre 1940-1941.

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Monument de la victoire au centre en arrière plan, aujourd'hui il n'a plus aucune raison d'exister

Une bataille gagnée qui a permis à la Thaïlande de récupérer ses territoires anciens du royaume de Siam concédés au Laos et au Cambodge sous occupation française, après les défaites thaïlandaises de la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Néanmoins, en 1946, à l’issue de la seconde guerre mondiale et de la victoire des alliés, les territoires furent rendus à la France, ce qui rendit le monument obsolète et assez ridicule. Mais malgré le déroulement des événements, il ne fut pas détruit et demeure aujourd’hui, de par sa taille et son positionnement en centre-ville, l'un des monuments principaux de Bangkok.

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Khao San commence à s'agiter à mon retour à la tombée de la nuit

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Après cette bonne journée de visite, je rentre à l’auberge et prend une bonne douche, puis en début de soirée, je décide de me rendre à Baiyoke Sky Tower, la tour la plus haute de la ville, de manière à pouvoir observer Bangkok avec toutes ses lumières. Je monte donc à bord d’une moto taxi pour me rendre sur place et je paye la taxe d’entrée assez élevée (300 Bahts) pour pouvoir monter au sommet. Evidemment, la tour est une attraction touristique de premier ordre et je retrouve donc beaucoup d’occidentaux avec leurs appareils photos ! Mais tout de même, je dois reconnaître que la vue est fantastique. Et comme une conso gratuite est offerte à l’achat du billet, je profite un peu plus longtemps du panorama grandiose, surtout que comme Bangkok est une très grande ville (8.5 M d‘habitants dans la ville et plus de 15 M pour toute l’agglomération) je peux donc observer des gratte-ciels jusqu’à assez loin à l’horizon !

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Baiyoke Sky Tower

Un seul petit regret cependant, celui de ne pas pouvoir partager ce moment avec quelqu’un. Parce que siroter mon cocktail seul à une table quand une dizaine de couples et de groupes d’amis sont là, à côté de moi, à se congratuler en admirant le spectacle, est un peu frustrant. Enfin, malgré tout, je garde un excellent souvenir de ces instants sur le toit de la ville car la vue est splendide.

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Vue splendide de la ville illuminée après la tombée de la nuit

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Petit cocktail à côté de la fenêtre, depuis laquelle je bénéficie d'une vue splendide

Pour mon retour, je décide de finalement rentrer à pied afin de découvrir le centre-ville de nuit, ce qui s’avère être une bonne idée car de nombreux gratte-ciels inondent la ville de leurs lumières et je découvre alors une autre facette de Bangkok, qui est une ville surprenante, et très animée.

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Très joli dispositif mis en place pour Noël à Central World au centre-ville à côté des gratte-ciels - de nombreux touristes viennent faire la fête ici, dans des bars conçus pour l'occasion sur la place publique, ici à côté du sapin

De nouveau à Khao San, je décide alors de me mêler à la foule dans les bars, et je fais alors la connaissance au comptoir d'un pub, de Thomas, un allemand très sympa. Nous passons alors la soirée ensemble à faisons la tournée des quelques bars de Khao San Road.

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Thomas

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Noël approche à grand pas, nous sommes déjà le 22 Décembre, et les décorations de circonstance sont déjà suspendues en ville