Au petit matin, je quitte le bateau pour prendre un premier bus qui nous arrête peu après pour prendre le petit déjeuner. Ensuite, après une longue attente, un nouveau bus vient nous chercher, mais pour des raisons que j’ignore, nous devons encore en changer… Et comme il n’y a plus de place dans le nouvel autocar qu’on met à notre disposition, je me retrouve assis très inconfortablement sur un petit tabouret installé artificiellement au milieu du couloir… Pas terrible ! Heureusement, mis à part ce contretemps mineur, le voyage se passera sans problème et j’arrive à Phuket en milieu d’après-midi. Je vais alors boire un café en ville avec Michael, un anglais rencontré pendant le trajet. Connaissant un peu la ville depuis sa première visite, il me donne alors quelques tuyaux en ce qui concerne les activités à faire et me montre une auberge assez sympa pour les quelques jours que je veux passer ici. Le trouvant assez sympa, je lui propose de se retrouver pour la fête du jour de l’an demain soir s’il n’a rien de prévu. Il semble d’accord.

 

Arrivé à l’hostel, je fais alors connaissance avec le responsable d’accueil, un danois un peu bizarre (peut-être sous l’emprise de drogues ?). D'ailleurs, quand je lui montre mon passeport pour faire le check-in, sans aucune formalité d’usage, il me dit avec dédain qu’il déteste tous les français, m'incluant par là-même dans le lot… Pas génial comme entrée en matière...  Dans un premier temps, pour calmer le jeu, je lui dis qu'on ne peut pas juger quelqu’un uniquement sur sa nationalité. Mais rien n’y fait, il me débite pendant cinq minutes tous les clichés stupides qu’il tient pour vrai sur les français : notamment qu’ils sont tous arrogants, prétentieux, râleurs, etc. L'écouter parler est juste insupportable, et le pire c’est que j'y suis forcé pour avoir une chambre !

Evidemment, je suis le premier à constater que les stéréotypes sur les français, les anglais, ou autres sont parfois fondés mais tout de même, me faire un accueil aussi déplorable, et m'insulter de la sorte à cause de ma nationalité, c’est du jamais vu… D’ailleurs, à ce sujet, j’aurais pu perdre mon sang froid car pour tout bon français qui se respecte, ce qu'il a dit était profondément offensant. J'ai d'ailleurs un instant hésité à partir pour chercher une autre guest-house, mais comme j’ai mis trop longtemps à trouver celle-ci et qu’elle paraît très bien, je n’ai finalement rien fait. Il faut dire que d'une certaine façon, le niveau intellectuel du pauvre garçon n'était pas bien haut, et finalement, j'ai donc préféré l'ignorer, ne lui donnant aucun crédit, pensant ainsi qu'il ne servait en fait à rien de parler avec un tel imbécile. Et comme disait Mark Twain : " Il ne faut pas débattre avec les idiots, car ils vous amènent à leur niveau et ensuite, gagnent par expérience ! "  

Bref, une fois installé, je fais ma lessive, et je me repose un peu car en vérité je suis assez fatigué à cause de mes derniers jours à Koh Pha Ngan, et puis le transfert jusqu'ici a aussi été long et fastidieux... De nouveau opérationnel en milieu d’après-midi, je découvre alors que l’éloignement du centre de Phuket - Talad Yai, où je me trouve actuellement - par rapport aux plages prisées des touristes (15km) ne me permet pas de faire la moindre activité après 15 heures… Ou alors si j’y allais maintenant, cela reviendrait bien trop cher et ne serait pas rentable. Du coup, je passe la fin de journée à naviguer sur internet… Encore une journée de perdue… Dommage !

 

Le lendemain, le 31 Décembre, je ne veux pas perdre une journée de plus, et je décide de payer un taxi-moto pour me rendre jusqu’à Patong beach, la plage principale de Phuket et accessoirement aussi la plus populaire. Sur place, je fais alors un petit tour d'horizon, et je constate avec déception que la plage n’est pas particulièrement jolie, et pire encore que la réputation bling-bling du lieu ne semble pas du tout usurpée... Au passage, j'ai aussi remarqué la présence de nombreux russes, qui, au demeurant, ne semblent pas complétement étrangers à la nouvelle réputation sulfureuse de la ville. Il faut dire que j'ai rarement rencontré des russes lors de mon voyage, mais je constate qu’ils ont leurs propres destinations et se déplacent souvent dans des lieux très précis dans lesquels ils ont leurs habitudes. Souvent des destinations touristiques, luxueuses, et en bordure de plage d'ailleurs. Sans doute moins aventuriers que les européens qu’on trouve un peu partout, mais en revanche plus communautaires, ils ont leurs propres spots touristiques à l'étranger, comme par exemple à Chypre, en Turquie, à Sihanoukville au Cambodge, ou encore à certains endroits de la côte d’Azur en France.

D'ailleurs, la présence importante de leur communauté en Thaïlande leur confère certains avantages comme notamment le fait d'avoir désormais leur propre église orthodoxe à Phuket, leur propre journal, et des menus en cyrillique. Et pour cause, puisque le nombre de leurs touristes a été multiplié par dix au cours des dix dernières années. A ce sujet, les rumeurs évoquent même la présence de leur mafia qui blanchirait de l'argent dans la ville de Phuket et la région Andamane.

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Patong beach, elle regorge de touristes et d'activités nautiques en tout genre

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Patong beach, vu du Sud

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Patong beach vu depuis le Nord


Pour ma part, je ne suis guère impressionné par le lieu, et après avoir foulé le sable blanc de la plage de Patong, je me dirige vers le Nord, en direction de Surin Beach (une autre plage dont j’ai reçu un écho plus positif). Faisant alors du stop, en espérant qu’un touriste occidental accepte de m’emmener - me faisant ainsi économiser quelques bahts et gagner une bonne heure de marche - je suis alors surpris que ce soit finalement un thaïlandais, très gentiment, qui me propose de grimper à bord de sa motocyclette. Tout d'abord réticent, car un peu méfiant vis-à-vis des autochtones dans les grandes villes, je finis tout de même par accepter son aide, tout en restant sur mes gardes. Par la suite, il s'avèrera que ses intentions étaient tout à fait louables puisqu'il me déposera gratuitement à côté de la plage. Cela dit, je précise que je pense avoir eu beaucoup de chance car la prudence est de rigueur vis-à-vis des étrangers trop sympathiques...

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Petite rivière entre Patong et Surin Beach

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Le soleil commence à se coucher à l'horizon

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Surin beach

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Petits commerces en bord de plage, les prix ne sont pas donnés...

Je termine alors ma promenade à Surin Beach en fin d’après-midi et pour rentrer, je cherche alors encore à faire du stop. Malheureusement, je découvre à mes dépens que rares sont les touristes et les autochtones qui s’intéressent aux backpackers, ou en tout cas pas gratuitement. Ce qui n’est pas très surprenant à Phuket, du reste, si on y réfléchit bien… Du coup, je me retrouve obligé de monter à bord d’un taxi assez onéreux comme je le prévoyais (environ trois fois plus cher que Bangkok, et encore, je m'en suis bien sorti). Tout cela sans doute à cause de l’effet pervers du tourisme russe qui n'a fait qu'augmenter le coût de la vie sur place… Bref, une fois de retour à mon hostel, je me prépare alors pour la soirée du jour de l’an, et je constate aussi avec regret que Michael, l’anglais que j’ai rencontré la veille n’a pas répondu à mon message. Du coup, je participe au repas du nouvel an organisé par mon auberge, et je me mélange au groupe de touristes présents (dont notamment deux français, ce qui facilite encore plus mon intégration). Ensuite, pour la soirée, notre petit groupe ainsi formé part en direction de Patong Beach où l’ambiance promet d’être incroyable si l'on en croit le staff de l'hôtel. Et, nous ne serons pas déçus, car il y aura jusqu’à plusieurs centaines de milliers de personnes qui se déplaceront dans les rues et surtout le long des différents pubs qui se succèdent sur l'avenue principale. Du coup, l’atmosphère sur place est véritablement électrique, et l'écho puissant des musiques branchées retentit inlassablement dans la rue ce qui est assez euphorisant ! Par ailleurs, on croise aussi quelques ladyboys qui déambulent sur les podiums... un peu comme à Bangkok du reste, ce qui me permet donc de confirmer que le tourisme du sexe est aussi bien présent à Phuket... Bref, à l'issue de notre petite balade, nous nous retrouvons sur la plage pour le compte à rebours de la nouvelle année, ce qui nous permet d'être en meilleure position pour observer les feux d'artifice, qui sont d'ailleurs une grande réussite. Au final, je garde donc un excellent souvenir de cette soirée même si dans l’idéal, j’aurais préféré partager ces moments avec des amis plus proches.

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Feux d'artifice sur la plage de Patong

Comme je suis rentré assez tard de la soirée, je ne quitte Phuket que le surlendemain matin après avoir passé une nouvelle journée à naviguer sur internet et à me reposer.