Le voyage depuis Singapour a été court car Jakarta, située sur la côte Nord de l’île de Java, est positionnée à un peu moins de mille km au Sud.

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Premier cliché d'Indonésie pris depuis le hublot de l'avion

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Jakarta vue du ciel... Pas très acceuillant

J’arrive donc en début d’après-midi dans la capitale de la république d’Indonésie (le plus grand archipel du monde, et aussi le plus peuplé, avec 250 millions d’habitants, c'est-à-dire le quatrième pays le plus peuplé du monde). Aujourd’hui libre et indépendante, l’Indonésie a redonné à la ville son nom authentique : Jakarta (elle fut autrefois appelée Batavia en l’honneur des colons néerlandais).

Sur le tarmac, je passe alors un bon moment à me défaire des formalités administratives d’entrée du territoire, non pas parce que cela est compliqué ou que l’obtention du précieux sésame soit difficile, mais surtout parce que la file d’attente est longue, et que ceux qui n’ont pas le visa indonésien et qui en font la demande à la frontière comme moi, sont légion.

Cependant, après avoir longuement attendu, rempli les papiers d’entrée et répondu aux autres formalités d’usage (photos, questionnaires, etc), je m’acquitte de la taxe en échange du visa d’un mois largement suffisant puisque je ne prévois de rester que trois semaines et demie.

Une fois dehors, je mange un morceau dans un restaurant de l’aéroport et je commence à me mélanger à la population locale, du coup, je découvre alors une autre gastronomie, et des nouveaux visages… Bref, je commence déjà à découvrir une nouvelle culture et tout cela est très excitant, même si du reste, je ne suis plus surpris par le développement massif des infrastructures, car depuis que je voyage en Asie, j’ai appris à m’habituer au développement technologique des différents pays à des degrés plus ou moins importants.

Dehors, je m’informe alors des différents transports en commun qui desservent l’aéroport, et je suis alors surpris d’apprendre que le prochain bus met en fait plusieurs heures à arriver au centre-ville de Jakarta. L’aéroport se trouve en vérité plus loin de la ville que je ne le croyais, sans compter que Jakarta est une ville gigantesque : 9 millions d’habitants !

Après être monté dans le bus, et m’être endormi à nouveau, j’arrive à la gare routière, au centre-ville de Jakarta en fin de soirée, vers minuit… Inutile de dire que si j’avais pris un taxi, cela aurait donc été plus rapide mais incroyablement plus cher ! A la gare, fatigué du voyage et plutôt pressé, je décide de me rendre à la première auberge de jeunesse qui figure dans mon guide et je propose à un taxi-moto de m’y emmener après avoir tenté de négocier un tarif (mais en toute probabilité, ma fatigue et ma lassitude ne m’ont pas permis d’obtenir un prix intéressant, la situation n’étant pas du tout à mon avantage à cette heure avancée de la nuit...).

Arrivé à l’hôtel, de manière analogue à ce qui s’est passé avec le taxi, je découvre que les prix proposés sont bien supérieurs à ce qui était prévu, mais las de fatigue, je m’aligne encore une fois sur le prix donné, blasé (après tout, les prix ont sans doute augmentés depuis la parution du guide).

Je ne suis alors pas au bout de mes surprises, car l’hôtel est très décevant : les lieux sont insalubres, le personnel pas du tout sympathique, et je dois en plus m’installer en catimini car le dortoir est déjà occupé,  mais le pire est encore à venir, car mon lit est en piteux état, et le matelas (si on peut appeler ça un matelas) est difforme, et les draps par-dessus tout ne sont guère plus propres que l’ensemble de l’hôtel, bref c’est un cauchemar…

Mais pire encore que le manque de confort, qui m’a rendu le sommeil difficile, je me réveille surtout avec de terribles crampes, sans aucun doute liées à l’état désastreux du matelas… D’ailleurs, je suis réveillé par une douleur lancinante sur la base de mon dos, et j’ai ensuite du mal à me lever. Ironiquement, je suis tellement à bout de force que je ne m’énerve même pas, même si je suis scandalisé par la vétusté des lieux. Tout ce que j’espère alors, c’est de vite me débarrasser de toutes ces douleurs, car il serait terrible de me gâcher le voyage à cause d’un hôtel miteux…

Du coup, pour tâcher de me rétablir, je passe l’entière matinée à dormir dans un autre lit, en essayant de me mettre dans une meilleure position. Et ce n’est ensuite qu’en début d’après-midi que je peux enfin quitter la chambre, mais ce n’est évidemment pas encore la grande forme. Il faut dire que je suis dans un bien sale état… Du coup, je réduis ma visite de la journée à une balade le long de la rue touristique principale : Jalan Jaksa, ce qui me permettra au moins de trouver une autre auberge de jeunesse pour les nuits suivantes.

 

Le soir, mon état s’améliore heureusement mais une pluie féroce s’abattant sur la ville, je me retrouve obligé de rester à l’abri dans le bar où j’ai passé l’après-midi, disposant heureusement du wifi, ce qui me permet de passer le temps, à défaut de mieux…

Un peu plus tard dans la soirée, dans ma nouvelle auberge, je fais la rencontre d’un jeune allemand de vingt-et-un ans, qui se définit comme écrivain-philosophe, et qui est en ce moment en train d’écrire une œuvre sur le matérialisme dans les sociétés modernes... Une rencontre étonnante à cet endroit de la planète ! Mais après tout, il est vrai que les écrivains ont souvent prétendu trouver l’inspiration lors de leurs tribulations à l’étranger, alors pourquoi pas ici…! Très rapidement, je suis donc intéressé par son travail et je lui propose de discuter autour d’une bière dans un pub. La soirée philosophique que nous passerons ensemble sera alors mémorable et j’en garde un excellent souvenir, même si je ne partage pas toutes ses orientations (très gauchistes)!

Du coup, comme nous nous entendons bien malgré tout, moi et Lukas (l’écrivain), décidons de passer les deux jours suivants ensemble dans la ville de Jakarta, une ville qui ne présente pas un grand intérêt malgré sa taille impressionnante, mais que nous avons tenté quand même d’explorer en partie, lorsque la météo l’a permis.

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Statue de Mohammad Husni Thamrin, considéré comme un héros national, car il a réussi à réunir les huit nationalismes indonésiens sous le même drapeau pour lutter face au colonialisme batave

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Centre-ville de Jakarta, très vertical

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Hôtel de ville de Jakarta, à côté d'un des rares musées de la ville dans lequel de surcroît, il n'y a pas grand chose à voir...

La première constatation que nous avons faite est que l’architecture moderne indonésienne est très peu esthétique, sans compter que l’entretien des façades laisse souvent à désirer, ce qui donne à l’ensemble un aspect assez peu avenant, donnant ainsi l’impression que la ville s’est développée soudainement sans concertation. En somme, Jakarta est donc une ville qui a explosée économiquement et démographiquement, mais qui s’est assez peu souciée de son image de marque et de la qualité de ses infrastructures.

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Place Merdeka, plus grande place du monde (après vérification, ce n’est donc pas Tiananmen comme l’indiquait mon guide, et comme je le pensais quand j’étais en Chine).

 

Maintenant, comme le veut le rituel désormais immuable sur ce blog, à mon arrivée dans un nouvel Etat important : je vais présenter le pays, son histoire, et la capitale en particulier, ici Jakarta.

Indonésie : Avec plus de 13 000 îles, l’Indonésie est le plus grand archipel au monde et avec une population estimée à 240 millions de personnes, il s'agit du 4e pays le plus peuplé, et du 1er pays à majorité musulmane.

Dans les premiers siècles de notre ère, l'archipel indonésien est une importante région d'échanges avec l'Inde et la Chine et les cités portuaires indonésiennes adoptent des modèles culturels, religieux et politiques indiens, et dans le même temps, le centre du pouvoir indonésien se déplace progressivement de Sumatra à Java, et de plus en plus vers l’Est. Au XVIe siècle, le détroit de Malacca devient un carrefour maritime majeur pour le commerce, l'archipel indonésien est alors intégré à un réseau commercial international bientôt dominé par des marchands musulmans. Les princes des ports se convertissent alors progressivement à l'islam.

Au XVIe siècle, les puissances européennes cherchent à accéder directement aux régions productrices d'épices dont fait partie l’Indonésie. En 1511, les Portugais de Goa conquièrent Malacca et s'y établissent, les Hollandais les chassent un siècle plus tard et s'établissent à Java. Au XIXe siècle, les colonisateurs peuvent commencer l'exploitation économique de l'île et imposer leur loi au reste de l'archipel et ce n’est qu’en 1945, qu’est proclamée l'indépendance de l'Indonésie.

Les années 1950 sont marquées par de nombreux mouvements séparatistes et à la suite des événements de 1965-66, le général Soeharto prend le pouvoir. Son régime autoritaire est marqué par un remarquable développement économique mais sa démission en 1998 permet le début d'un processus de démocratisation.

À travers ses nombreuses îles, l'Indonésie comprend de nombreux groupes distincts culturellement, linguistiquement et religieusement. Mais en tant qu'État unitaire, l'Indonésie a développé une identité commune en définissant une langue nationale tout en respectant la diversité, le pluralisme religieux au sein d'une majorité musulmane. De plus, malgré sa forte population et ses régions densément peuplées, l'Indonésie comporte de vastes zones sauvages ce qui donne au pays une grande biodiversité, malheureusement ce patrimoine ne cesse de régresser à cause d'activités humaines en forte augmentation.

 

Présentation Java : Java est l'île la plus peuplée du monde et compte près de 60 % de la population de l'Indonésie. Avec une surface de 128 300 km² en incluant l'île voisine de Madura, Java compte 136 millions d'habitants, soit une densité de population de l'ordre de 1064 habitants/km². En 1905, le gouvernement colonial hollandais avait lancé une politique encourageant des habitants de Java à s'installer dans d'autres îles moins peuplées. Le gouvernement de l'Indonésie indépendante a poursuivi ce programme dit de "transmigrasi". Les résultats sont mitigés selon les régions, s’apparentant à une réussite pour le Sud de Sumatra, cela a provoqué des conflits à Bornéo…

 

Principalement à cause des conditions météorologiques qui sont incroyablement mauvaises depuis que je suis arrivé, avec notamment des pluies diluviennes quotidiennes, comme je n’en avais jamais vu, je n’aurais donc pas vu grand-chose de Jakarta. Et si les pluies sont impressionnantes, voire même surréalistes, ce qui les rend assez fascinantes au début, cela devient vite insupportable lorsque cela dure trop longtemps… Car nous sommes alors totalement immobilisés ! La première conséquence est évidemment de me donner une première impression de l’Indonésie plutôt mauvaise, car même si je savais à quoi m’en tenir lors de la préparation du tour du monde, je ne pensais pas que le temps serait aussi exécrable, me compliquant considérablement le voyage…

Enfin, pas de regrets pour autant, car de toute façon, je ne pouvais pas vraiment faire autrement, en sachant que si je me retrouve en Indonésie maintenant pendant la saison des pluies, c’est aussi parce que j’ai eu de superbes conditions météo dans les autres pays que j’ai déjà visités. Et donc, pas possible d’y échapper avec le parcours que j’avais planifié…

Après ces quelques journées décevantes à Jakarta, capitale économique et siège du gouvernement et du parlement, je me rends donc à Yogyakarta en espérant conjurer le mauvais sort météorologique… Yogyakarta, qui est la capitale culturelle de l’Indonésie, tout simplement parce qu’elle fut la capitale de l’Indonésie avant la colonisation batave de 1619. Je décide de faire le trajet de nuit, ce qui me permet de gagner une journée de voyage. Lukas prévoit de m’y rejoindre le lendemain ou plus tard.