Lukas est arrivé, et nous passons la soirée dans un pub du quartier touristique où nous buvons quelques bières et mangerons également une pizza. Je propose à André, un français que nous avons rencontré à l’hôtel de se joindre à nous pour le repas. Nous passerons ensemble une excellente soirée. Sans doute, une de mes plus belles soirées de voyage, d’ailleurs. Mes deux camarades étant d’un niveau intellectuel très élevé, la discussion était très stimulante d’un point de vue cérébral, et j’ai adoré ça. Au final la soirée est donc passée bien trop vite à mon goût… Et un de mes regrets sera donc que cette soirée si singulière ne se répète pas à nouveau, plus tard dans le voyage…

Je dois dire avec le recul aujourd’hui, qu’André est l’un des voyageurs qui m'a le plus marqué lors de mon périple et nous n’avons pourtant pas passé beaucoup de temps ensemble. Pour le décrire, c’est un homme de 40 ans environ, quelqu’un d’assez simple, très abordable, et sympathique, mais assez solitaire. Il nous explique qu'il a quitté la France car il ne se reconnaissait plus dans les mœurs de notre société, qu’il considère en déliquescence, décadence… Il vit aujourd’hui en Russie, et depuis 10 ans environ, car il se retrouve mieux dans les valeurs défendues par les russes : patriotisme, loyauté, honneur, religion chrétienne, respect des valeurs traditionnelles, etc. Cependant il reste très attaché à notre pays et nous aurons une longue discussion passionnée à ce sujet. D’ailleurs, j’essaye de le convaincre de rentrer en France pour faire bouger les lignes^^, mais je crois que c’est peine perdue car il ase plaît en Russie et ne croit plus en la capacité de redressement moral de la France, ce qui n’est pas bon signe malheureusement…

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André

Pour mieux comprendre les quelques lignes ci-dessus au sujet d’André, il faut savoir qu’il est un surdoué, il parle 6 langues couramment, a une vision du monde (social, politique, réalisation personnelle…) qui m'a paru d’une acuité impressionnante, mais chose assez rare dans pareil cas, il a su rester simple et humble. D’ailleurs, il m’a dit qu’il vivait la douance (le fait d'être surdoué) comme une malédiction, car il a eu par le passé quelques troubles sociaux (de type autisme) ne trouvant pas sa place dans la société, ce qui est un phénomène assez classique chez les individus d’une intelligence supérieure.

A ce stade de mon évolution personnelle, je dois dire que j’ai appris des choses très intéressantes à son contact, et en très peu de temps paradoxalement. Et au final, de tous les voyageurs que j’ai rencontré, c’est sans doute la personne que j’aimerai le plus revoir.  Inutile donc de préciser que ce fut une soirée très enrichissante pour moi, comme quoi, ce n’est pas forcément dans les hôtels 5 étoiles que l’on rencontre les personnes les plus fascinantes ! Bien au contraire, à mon avis.

Le lendemain, André, qui compte rester en Indonésie quelque temps pour apprendre la langue locale, et qui n’est donc pas pressé, ne souhaite pas se joindre à nous pour la visite de Borobudur car les conditions climatiques semblent moyennes, tant pis… Nous partirons à 2, avec Lukas sur un même scooter pour diviser les frais.

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Lukas sur le scooter

 Le site n’est pas à proximité, et nous alternons la conduite du scooter tout en gardant toujours un œil sur la carte pour ne pas se tromper. Une fois encore, quand nous sommes arrivés sur place, la pluie vient s’immiscer dans notre excursion, et des marchands ambulants, sans doute accoutumés de voir des touristes pris au dépourvu, proposent la location de parapluies pour la visite du site. C’est sans doute un business très lucratif car les parapluies ne sont pas en train bon état mais ils s’écoulent comme des petits pains.^^

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Il faut dire que quand il se met à pleuvoir en Indonésie, c’est souvent une quasi-tempête qui s’abat sur vous, et si les touristes semblent vite paniquer à l'idée de finir totalement trempés, les autochtones y sont tout à fait habitués. D’ailleurs, c’est tout leur mode de vie qui s’est adapté à ces conditions climatiques hors-normes. Et pour la comparaison, la pluie britannique pourtant si célèbre de par chez nous ne saurait rivaliser à côté de ces averses torrentielles…

Bref, j’ai bien compris de toute façon qu’en arrivant à la mauvaise saison dans ce pays, je dois donc m’habituer à cette météo capricieuse, car cela risque de durer sur les quelques semaines que je vais passer dans le pays. Aujourd'hui je me suis donc abrité lorsque les trombes d’eau étaient trop importantes, et j'ai repris la visite sur le site en parapluie lorsque cela est redevenu soutenable. Evidemment, la pluie gâche en grande partie le plaisir d’être sur le site, mais on ne peut rien y faire, alors autant tâcher de profiter tout de même du lieu qui est tout à fait unique.

 D’ailleurs parlons-en de Borobudur :

Le temple de Borobudur, unique vestige du site (contrairement à Pranbanan qui est une somme de nombreux stûpas) est une importante construction bouddhiste de forme très différente de ce que j'ai vu jusqu'à présent. Construit aux VIIIe et IXe siècles, à l’époque de la dynastie Sailendra, dans le centre de l’île de Java en Indonésie, le temple, aurait été abandonné vers l’an 1100.

Le site est à la fois un sanctuaire dédié au Bouddha, mais aussi un lieu de pèlerinage bouddhiste. Et c’est à la fois un stûpa à base carré de 100m de côté environ et un mandala, c'est-à-dire un lieu de méditation. Il est constitué de quatre galeries successives de forme géométrique. Celles-ci sont superposées et les trois plus hautes forment une représentation de la cosmologie bouddhiste. Après avoir traversé les quatre galeries, le pèlerin atteint la terrasse supérieure, elle aussi surmontée de trois terrasses circulaires concentriques bordées de stûpas. Ils consistent en des cloches de pierre ajourées logeant des bodhisattvas. Au centre de ces terrasses et donc au sommet du Borobudur, un autre stûpa couvre un bouddha inachevé, dont on ignore s’il a été rajouté après coup ou s’il était présent à l’origine.

Un élément étonnant de ces galeries est l’existence d’une cinquième galerie enterrée, également couverte de bas-reliefs représentant essentiellement les turpitudes de la vie terrestre. Plusieurs hypothèses ont donc été émises pour expliquer la dissimulation de cette galerie comme une volonté de consolidation du bâtiment ou encore la volonté délibérée d’occulter les réalités terrestres.

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A proximité du stûpa, nous voyons la base de la structure

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certains bouddhas ont la tête coupée, beaucoup de temps s'est écoulé et rares sont les statues en bon état...

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Les cloches de Borobuduravec vue magnifique sur les montagnes à l'horizon

Sauvé de la ruine grâce aux efforts conjoints de l’UNESCO et du gouvernement indonésien, le temple est aujourd’hui restauré et figure à l’inventaire du patrimoine mondial.

Ensuite, pour le retour, nous nous arrêterons sur un autre petit site peu célèbre croisé sur notre route par hasard avant de prendre une collation à une échoppe sur le chemin du retour. Nous aurons passé une bonne partie de la journée sur le scooter et avec la pluie, la journée aura été éprouvante...

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Petit garçon rencontré à l'entrée du site